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Possesseur(s) : Vicoigne, Notre-Dame, Saint-Blaise et Saint-Sébastien, abbaye O.Praem.

Date : 1717 et 1724

Répertoire(s) : -

Analyse : Quatre documents modernes, très différents par leur ampleur et leur intérêt, nous renseignent sur la bibliothèque ancienne de Vicoigne. Tous sont apparemment proches par leurs dates (XVIIe et XVIIIe siècle), mais les inventaires II (non exploité), III et IV renvoient vraisemblablement à un état plus ancien du fonds. Ils présentent d’autant plus d’intérêt que très peu de manuscrits de Vicoigne ont été retrouvés. L’identification des textes a été faite en priorité à partir de l’inventaire III, qui est le plus complet, sinon le plus maniable.
Inventaire I. E. Martène et U. Durand, Voyage littéraire, t. 1/2, 1717, p. 212-214, et t. 2, 1724, p. 100-101. Six articles. Dom Martène et Dom Durand évoquent Vicoigne à deux reprises dans leur Voyage littéraire, résultat d’une enquête effectuée vers 1710. Curieusement, ces deux témoignages ne se recoupent qu’assez peu. Pour cette raison, les articles de la deuxième liste (4-6) ont été numérotés à la suite de ceux de la première (1-3). Les identifications proposées sont justifiées en note, elles demandent d’autant plus à l’être que le libellé des articles est peu précis (1,4), et paraît parfois (3, 5, 6) ne concerner qu’un seul texte au sein d’un ensemble.

Source(s) : E. Martène et U. Durand, Voyage littéraire, t. 1/2, 1717, p. 212-214, et t. 2, 1724, p. 100-101.

Édition(s) : Anne Bondéelle-Souchier, Bibliothèque de l'ordre de Prémontré dans la France de l'Ancien Régime II : Édition des inventaires, Paris, 2006, p. 219-221.

Bibliographie : -

Rédaction : ABS 2006 ; mise en ligne : EL 2023

[Au t. 1/2, 1717, p. 212-214] La bibliothèque est grande, voûtée et remplie d’un grand nombre de livres, qui selon l’ancienne manière sont sur des pupitres. Il y a plusieurs beaux manuscrits, qui sont fort bien conservez.

  • item 1. [1] Nous y vîmes entr’autres une fort belle bible commentairePourrait correspondre à III/1 (Biblia sacra in uno volumine ) ou 22 (Textus totius biblie)., à la fin de laquelle on lit ces mots: Ubaldus de Sartis canonicus et decanus ecclesiae Cameracesis hanc bibliothecam scribi fecit per Johannem scriptorem dictum ad Ova, et eam quam plurimis vicibus emendari fecit per diversas bibliothecas cum maxima diligentia, et per theologos tunc temporis peritiores in Cameraco commorantes. Dicta autem biblia perfecta fuit anno Domini M. CC. XCV. in die beatorum Dionysii et Gisleni.
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    Conservation :

    Attestation : III/1 ou 22, IV/0

  • item 2. [2] Une histoire des Bretons en vers latins compilée par Alexandre Nuques commentaireCadiac, sic, Vennes, sic. L’Historia Britonum versificata attribuée à tort à Alexandre Nequam, contenue aux f. 55 (LV)-82 (LXXXV) de Valenciennes, BM, 792, est effectivement dédiée à Cadioc, évêque de Vannes de 1235 à 1254. Auteur et dédicace sont annoncés par la rubrique du f. 54v, d’une main de peu postérieure à celle du texte. Ces indications sont répétées au colophon, f. 82v., et dédiée à Cadiac évêque de Vennes, à la fin de laquelle il y a une généalogie des rois de France, qui finit au baptême de Philippe Auguste.
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    Conservation : Valenciennes, BM, 792 [images]

    Attestation : III/164, IV/2 ou 30

  • item 3. [3] Nous y trouvâmes aussi un manuscrit de l’ouvrage que s. Bernard composa contre Pierre Abaillard commentaireEp. 190 ad Innocentium papam, éd. J. Leclercq et H. Rochais, t. 8, p. 17-40., et qu’il envoya au pape Innocent II, à la fin duquel on lit après ces mots: Collegi aliqua et transmisi, ce qui suit:
    Ad capitula tantum respondimus, quae signo tali † notata sunt.
    Quod Pater sit plena potentia, Filius quaedam potentia, Spiritus sanctus nulla potentia. †
    Quod Spiritus sanctus non sit de substantia Patris aut Filii. †
    Quod Spiritus sanctus sit anima mundi.
    Quod Christus non assumsit carnem, ut nos a jugo diaboli liberaret. †
    Quod neque Deus et homo, neque haec persona quae Christus est sit tertia persona in Trinitate.
    Quod liberum arbitrium per se sufficiat ad aliquod bonum.
    Quod ea solummodo Deus possit facere vel dimittere, vel eo modo tantum, vel eo tempore quo facit, non alio.
    Quod Deus nec debeat, nec possit mala impedire.
    Quod non contraximus culpam ex Adam, sed poenam tantum.
    Quod non peccaverunt qui Christum ignorantes crucifixerunt, et quod non sit culpae adscribendum quidquid sit per ignorantiam.
    Quod in Christo non fuerit Spiritus timoris Dei.
    Quod potestas ligandi apostolis tantum data sit, non etiam successoribus eorum.
    Quod propter opera nec pejor, nec melior efficiatur homo.
    Quod ad Patrem, qui ab alio non est proprie vel specialiter attineat omnipotentia, non etiam sapientia & benignitas. †
    Quod etiam castus timor excludatur a futura vita.
    Quod diabolus immittat suggestiones per appositionem lapidum sive herbarum.
    Quod adventus in fine saeculi possit attribui Patri.
    Quod anima Christi per se non descendit ad inferos, sed per potentiam tantum.
    Quod neque opus, neque voluntas, neque concupiscentia, neque delectatio quae movet eam sit peccatum, nec debemus eam velle extingui.
    Haec capitula partim de libro theologiae, partim in libro Senta [sic][e] ntiarum magistri Petri, partim in libro cuius titulus est 'Scito te ipsum’ reperta sunt.
    Nous avions déjà trouvé dans un manuscrit de l’abbaye de Clairmares tous ces articles, qui ne se trouvent dans aucun autre imprimé.
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    Conservation :

    Attestation : III/104 ?, IV/0

[Au t. 2, 1724, p. 100-101] nous y remarquâmes entre autres

  • item 4. [4] un recueil d’anciens auteurs de l’histoire d’Angleterre commentaireÉventuellement le recueil dans lequel se trouve le texte indiqué par l’article 2.,
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    Conservation : Valenciennes, BM, 792 [images] ?

    Attestation : III/164 ?, IV/ 2 ou 30 ?

  • item 5. [5] quelques ouvrages contre Béranger commentaireIV/7 allie deux textes au moins concernant Bérenger (Ad Berengarium etc. Confectio et correctio Berengarii) à deux ouvrages d’Hugues de Saint-Victor contenus précisément aussi dans III/137 (Hugonis liber sententiarum. Idem super Lamentationes Jeremie, et quedam epistole). L’un des auteurs possibles des « ouvrages contre Béranger » pourrait être Drogo, archidiacre de Paris vers 1040, auteur de lettres à Béranger et homonyme du cardinal Drogo cité dans l’article suivant.,
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    Conservation :

    Attestation : III/137, IV/7

  • item 6. [6] les sentences du cardinal Drogo commentaireCe texte était groupé dans III/148 avec des ouvrages d’Hugues de Saint-Victor et d’Yves de Chartres..
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    Conservation :

    Attestation : III/148, IV/0

Commentaires :

1. Pourrait correspondre à III/1 (Biblia sacra in uno volumine ) ou 22 (Textus totius biblie).

2. Cadiac, sic, Vennes, sic. L’Historia Britonum versificata attribuée à tort à Alexandre Nequam, contenue aux f. 55 (LV)-82 (LXXXV) de Valenciennes, BM, 792, est effectivement dédiée à Cadioc, évêque de Vannes de 1235 à 1254. Auteur et dédicace sont annoncés par la rubrique du f. 54v, d’une main de peu postérieure à celle du texte. Ces indications sont répétées au colophon, f. 82v.

3. Ep. 190 ad Innocentium papam, éd. J. Leclercq et H. Rochais, t. 8, p. 17-40.

4. Éventuellement le recueil dans lequel se trouve le texte indiqué par l’article 2.

5. IV/7 allie deux textes au moins concernant Bérenger (Ad Berengarium etc. Confectio et correctio Berengarii) à deux ouvrages d’Hugues de Saint-Victor contenus précisément aussi dans III/137 (Hugonis liber sententiarum. Idem super Lamentationes Jeremie, et quedam epistole). L’un des auteurs possibles des « ouvrages contre Béranger » pourrait être Drogo, archidiacre de Paris vers 1040, auteur de lettres à Béranger et homonyme du cardinal Drogo cité dans l’article suivant.

6. Ce texte était groupé dans III/148 avec des ouvrages d’Hugues de Saint-Victor et d’Yves de Chartres.