« J’ai aussi dans ma petite bibliothèque particulière quelques morceaux assez intéressans. Je vous en envoie la notice. Vous en feres l’usage qu’il vous plaira...

Possesseur(s) : J.-F. Athey, prieur de Laon, Saint-Martin, abbaye O.Praem.

Date : 22/06/1760

Répertoire(s) : -

Analyse : Bibliothèque personnelle du prieur J.-F. Athey.
Liste I. Paris, BNF, Collection de Picardie 270, f. 206-207v. Lettre adressée par J.-F. Athey, prieur de Saint-Martin de Laon commentaire Ce personnage fut ensuite abbé de Moncetz de 1772 à 1787. Dom Bugniâtre le présente ainsi : « Le prieur actuel de Saint-Martin, homme d’un mérite distingué, s’est formé un cabinet qui contient des morceaux curieux et estimables à bien des égards » (p. 132)., à dom Bugniâtre ; 22/06/1760.
Liste I bis. Comme il l’avait fait pour la bibliothèque de Saint-Martin, Dom Bugniâtre a reproduit ce document pratiquement à l’identique dans les matériaux qu’il a réunis pour l’histoire de Laon ; après 1760 (Paris, BNF, Collection de Picardie 266), aux p. 132-133 (f. 71v-72).

Source(s) : Paris, BNF, Collection de Picardie 270, f. 206-207v ; Paris, BNF, Collection de Picardie 266, f. 71v-72

Édition(s) : Anne Bondéelle-Souchier, Bibliothèque de l'ordre de Prémontré dans la France de l'Ancien Régime II : Édition des inventaires, Paris, 2006, p. 188-190.

Bibliographie : -

Rédaction : ABS 2006 ; mise en ligne : EL 2023

  • item 1. [f. 206v] 1o Bible latine du XIIIe siècle, petit 8o. Cette Bible est écrite avec toute la propreté possible, le caractère en est très net et très noir, et le vélin d’une blancheur et d’une finesse de satin, elle est d’ailleurs très bien conservée.
  • item 2. 2o Deux traités de piété composés et écrits du tems de Philippe le hardi. l’un est un traité de l’art de bien mourir et l’autre un commentaire sur les dix commandements, une explication du Pater et du Credo, et un traité des vertus commentaireLes traités de l’art de mourir ont été surtout répandus au XVe siècle, les plus connus étant ceux de Jean Gerson, Science de bien mourir, d’Henri Suso, Science de bien mourir (extrait de l’Horloge de sapience), de Jean Miélot, Traité pieux sur la mort. Étant donné son association avec la Somme le Roi, on pensera plutôt à un fragment du Miroir du monde, intitulé Livre comment on aprent à bien mourir, et qui est associé à la Somme le Roi au moins dans Paris, BNF, fr. 1134, manuscrit qui comporte aussi à la fin le Livre des moralités. Je dois cette piste à la thèse d’École des chartes d’É. Brayer, La « Somme Le Roi » de frère Laurent, 1940, p. 168-275 (manuscrits). Somme le Roi, par frère Laurent d’Orléans (Kaeppeli, t. 3, p. 63-64, n° 2809). La date de 1279 est celle de la composition de l’ouvrage et non celle de la copie.. Ce dernier porte à la fin sinon le nom du moins l’état et la profession de l’auteur, et l’année où l’ouvrage fut achevé en cette manière : « Cest livre compila et parfit uns frères de l’ordre des prêcheurs à la requeste du roi de France Phelippe en l’an de l’Incarnation M. CC. et LXXIX ». Ces deux ouvrages sont assés bien faits pour le fond, mais leur principal mérite est de pouvoir contribuer à faire connoître l’état de notre langue au XIIIe siècle.
  • item 3. 3o Le poëme de la mort d’Hélynand commentaireHélinand de Froidmont, Vers de la mort (RFHMA, t. 5, 1984, p. 406). Fr. Wulff et E. Walberg, Les vers de la mort par Hélinant, moine de Froidmont, publiés d'après tous les manuscrits connus, 1905 (Société des anciens textes français 115), recensent 24 manuscrits aux p. xxxiii-lv. Le texte étant court, il est généralement associé à d’autres ; très peu de manuscrits présentent les Vers de la mort en premier texte. L’édition de Loisel est de 1594, elle a été établie sur l’actuel Paris, BNF, fr. 1593, qui ne comporte que 39 strophes, en désordre (Wulff-Walberg, p. xlix, n° 11)., manuscrit très correct et parfaitement conservé. Je le crois du tems de l’auteur même qui vivoit au commencement du XIIIe siècle. Hélynand est un de nos plus anciens et de nos plus celèbres poëtes. Il florissoit du tems de Philippe Auguste à la cour duquel il vécut longtems. Le poëme de la mort est son plus considérable ouvrage, celui qui lui a fait le plus de réputation et dont il jouit encore dans l’histoire et parmi les amateurs de notre ancienne poësie. Antoine Loysel, un des plus zélés et pour{207r} tout ce qui concerne notre langue, rassembla et fit imprimer tout ce qu’il put trouver des ouvrages de notre Hélynand. Le ms. en question du poeme de la mort est différent en beaucoup de choses de celui qui se trouve dans cette édition, et ces différences sont toutes à l’avantage du premier qui me paraît très curieux. Il contient plusieurs strophes qui ne sont pas dans l’édition de Loysel qui n’a fait imprimer cet ouvrage que sur un exemplaire très imparfait. Il mériterait d’être plus connu et donnerait lieu à bien des observations sur l’ouvrage et sur l’auteur dont on ne connaît pas encore trop la profession et l’état.
  • item 4. 4o Deux exemplaires manuscrits du Roman de la Rose. Ils sont tous les deux fort anciens commentaireE. Langlois, Les manuscrits du Roman de la Rose. Description et classement, Lille / Paris, 1910 (Travaux et mémoires de l’université de Lille, nouvelle série, I. Droit, Lettres. vol. 7), ne signale aucun manuscrit provenant de ce possesseur ou même de Laon, que ce soit dans les index (p. 219-227) ou sous la rubrique « Manuscrits dont le domicile actuel est inconnu » (p. 199-212). La description qu’en fait J.-F. Athey est trop peu précise pour autoriser une recherche par un autre biais., et leur antiquité se connoit par les figures en miniature qui sont du tems même et par toutes les autres marques qui peuvent l’indiquer. Si l’abbé Lenglet du Fresnoy les avait connu (sic), il aurait pu nous donner une édition plus correcte de ce plus célèbre monument de notre ancienne poésie, il aurait pu surtout nous en donner un texte beaucoup plus pur ; celui de tous les exemplaires imprimés et même de la plupart des manuscrits est bien différent de ce qu’il étoit d’abord ; comme cet ouvrage a eu de tout tems la plus grande vogue, à mesure que le stile vieillissoit on avait soin de le rajeunir, pour le mettre à la portée de tout le monde ; il a eu le même sort dans presque toutes les éditions, chaque libraire y aiant fait faire des changemens, ce qui{207v} . . .
  • item 5. 5o L’archicongrégation des Pénitens de l’Annonciation instituée par Henri III en l’année 1583. Ce manuscrit est l’original auquel a signé Henri III et tous les princes et seigneurs qui ont été agrégés lors de l’institution de l’archicongrégation et dans les années suivantes »...

Commentaires :

1.  Ce personnage fut ensuite abbé de Moncetz de 1772 à 1787. Dom Bugniâtre le présente ainsi : « Le prieur actuel de Saint-Martin, homme d’un mérite distingué, s’est formé un cabinet qui contient des morceaux curieux et estimables à bien des égards » (p. 132).

2. Les traités de l’art de mourir ont été surtout répandus au XVe siècle, les plus connus étant ceux de Jean Gerson, Science de bien mourir, d’Henri Suso, Science de bien mourir (extrait de l’Horloge de sapience), de Jean Miélot, Traité pieux sur la mort. Étant donné son association avec la Somme le Roi, on pensera plutôt à un fragment du Miroir du monde, intitulé Livre comment on aprent à bien mourir, et qui est associé à la Somme le Roi au moins dans Paris, BNF, fr. 1134, manuscrit qui comporte aussi à la fin le Livre des moralités. Je dois cette piste à la thèse d’École des chartes d’É. Brayer, La « Somme Le Roi » de frère Laurent, 1940, p. 168-275 (manuscrits). Somme le Roi, par frère Laurent d’Orléans (Kaeppeli, t. 3, p. 63-64, n° 2809). La date de 1279 est celle de la composition de l’ouvrage et non celle de la copie.

3. Hélinand de Froidmont, Vers de la mort (RFHMA, t. 5, 1984, p. 406). Fr. Wulff et E. Walberg, Les vers de la mort par Hélinant, moine de Froidmont, publiés d'après tous les manuscrits connus, 1905 (Société des anciens textes français 115), recensent 24 manuscrits aux p. xxxiii-lv. Le texte étant court, il est généralement associé à d’autres ; très peu de manuscrits présentent les Vers de la mort en premier texte. L’édition de Loisel est de 1594, elle a été établie sur l’actuel Paris, BNF, fr. 1593, qui ne comporte que 39 strophes, en désordre (Wulff-Walberg, p. xlix, n° 11).

4. E. Langlois, Les manuscrits du Roman de la Rose. Description et classement, Lille / Paris, 1910 (Travaux et mémoires de l’université de Lille, nouvelle série, I. Droit, Lettres. vol. 7), ne signale aucun manuscrit provenant de ce possesseur ou même de Laon, que ce soit dans les index (p. 219-227) ou sous la rubrique « Manuscrits dont le domicile actuel est inconnu » (p. 199-212). La description qu’en fait J.-F. Athey est trop peu précise pour autoriser une recherche par un autre biais.