Manuscripts. La maison ayant esté pillée du temps des guerres des Hugnots et des Princes, on ne trouve plus dans la biblioteque que cinq manuscripts :
Possesseur(s) : Bucilly, Saints-Pierre-et-Paul, abbaye O.Praem.
Date : Vers 1720
Répertoire(s) : -
Analyse : Parmi les trois inventaires de Bucilly actuellement connus, deux (I et I bis) doivent être traités en parallèle. En effet, I (Nancy, BM, 1751 (9924), f. 399) est le document qui fut fourni à C.-L. Hugo vers 1720, tandis que I bis (Nancy, BM, 1751 (9924), f. 420v) en est la mise au net, préparatoire à l’édition des Annales, t. 1, 1734, col. 428. De la main même d’Hugo, ce document révèle sa méthode de travail : les 7 articles de la liste I, qui groupait (voir I/3) les textes par manuscrit, ont été portés à 11 dans la liste I bis, qui énumère séparément chaque texte, supprime les commentaires (I/1) et abrège (I bis/8) les précisions codicologiques, quand elle ne les omet pas totalement (I bis/7). La dépendance totale de I bis par rapport à I, et probablement aussi le souci de publier rapidement, font passer au second plan la détection et la correction des erreurs dues à une rédaction trop rapide (voir Aur. dans I/3). L’examen du texte édité par les Annales appuie l’hypothèse d’une révision hâtive : son seul point de divergence avec la mise au net (I bis) consiste en effet en une erreur sur un titre déjà problématique (de fonte animae, article 3). La liste II (Paris, BNF, Collection de Picardie 266, p. 161 = f. 86) est postérieure de quelques années aux deux documents précédents. Elle figure en effet dans les « Matériaux pour l’histoire de Laon », réunis après 1760 par Dom Bugniâtre. Bien que la teneur soit sensiblement la même que celle de I, ce qui fait penser à une source commune ou proche pour I et II, le texte semble plus correct en plusieurs points (voir par ex. l’article 8). Deux articles (I/1 et I/6-7) ont toutefois été omis.
Seul l’inventaire II est numéroté d’origine. Une numérotation a été ajoutée aux inventaires I et I bis, elle se fonde sur la présentation de chacun de ces documents et sur les indications qu’ils fournissent. L’identification des textes est donnée à partir de la liste I, qui paraît être la plus complète et la moins retouchée.
Liste I. Nancy, BM, 1751 (9924), f. 399. 7 volumes. Vers 1720.
Source(s) : Nancy, BM, 1751 (9924), f. 399
Édition(s) : Anne Bondéelle-Souchier, Bibliothèque de l'ordre de Prémontré dans la France de l'Ancien Régime II : Édition des inventaires, Paris, 2006, p. 147-150.
Bibliographie : -
Rédaction : ABS 2006 ; mise en ligne : EL 2023
- item 1. [1] Manipulus florum Thomae Hibernici. Il traite dedans l’ouvrage de plusieurs vertus moralles, il y parle de la fuitte du monde, des femmes etc., d’une manière persuasive, il raporte les exemples de l’Écriture, cite les passages tirés des Pères, etc. Le commencement manque, mais on trouve à la fin, avant la table des matières contenues dans le livre, ces parolles : Hoc opus est compilatum a magistro Thoma de Hibernia quondam socio de Sorbona Parisiis. Un tome in quarto commentaireLa présence de cet ouvrage à Bucilly est attestée par C. Oudin, t. 3, 1723, col. 612 : « Thomas Palmeranus natione hibernicus, Manipulus florum, cum prologo parvo qui incipit Abiit in agrum etc. deestque in impressis. Habetur MS... apud Praemonstratenses Bucilienses in episcopatu Laudunensi ».. [+]
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Attestation : I bis/1, II/0
- item 2. [2] Les quatre livres des Sentences de Pierre Lombard selon leur première disposition commentaireProbablement avec la division en livres et en chapitres, antérieure à la division en distinctions, chapitres et articles, qui remonterait à Alexandre de Halès (1223-1227), ceci d’après I. Brady, « Pierre Lombard », DS, t. 12/2, col. 1604-1612, à la col. 1607., un tome in fol. [+]
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Attestation : I bis/2, II/1
- item 3. [3] Liber Hincmari archiepiscopi, De fonte animae commentaireLe traité attribué à Hincmar a été édité sous le titre de De fonte animae par C. Oudin, Veterum aliquot Galliae et Belgii scriptorum opuscula sacra numquam edita, Lugduni Batavorum, 1692. D’après II/8, il s’agit vraisemblablement du Liber de multiplici et diversa animae ratione, éd. PL 125, col. 929-952, reproduction de l’édition de Sirmond fondée sur un manuscrit de Saint-Remi de Reims. Le titre de De fonte animae ne semble pas attesté. L’ouvrage, apparemment dédié à Charles le Chauve, semble peu répandu et n’est pas répertorié par Flodoard parmi les œuvres d’Hincmar. Jean Dévissé, Hincmar, archevêque de Reims, 845-882, Genève, 1976 (Travaux d’histoire éthico-politique, 29), au t. 1, p. 20-21, considère le « traité de la nature de l’âme » comme un texte pseudépigraphe. Le mot Aur qui termine ce titre correspond très certainement au nom de l’auteur qui figure sur la ligne suivante : Aurelii, mot aujourd’hui précédé de Magni, ajouté en marge. Annales : Hincmari Remensis Archiepiscopi de Fonte anima (sic). Cassiodorus, Liber de anima (CPL 897). Et spiritu se justifie vraisemblablement par un rapprochement avec le titre de l’un des traités suivants, Hugonis Victorini liber de spiritu et anima. Gilbert Crispin † 1117, Disputatio judaei cum christiano. Le Liber de spiritu et anima a été attribué à Hugues de Saint-Victor, mais aussi à Augustin (CPPM/II A, 153 et 154). Il est d’ailleurs édité parmi les œuvres de ces deux auteurs dans PL 40, col. 779-832, et PL 177, col. 165-166. Il n’est pas répertorié par Goy. Les noms d’Alcher de Clairvaux et de Pierre Comestor ont également été avancés. Memoriale metricum Veteris et novi Testamenti : ce titre ne semble attesté pour aucun ouvrage connu. C. Oudin, t. 2, 1723, col. 1622-3, indique cependant à Bucilly un opuscule dû à Leonius : « habeo ejusdem Leonii seu Leonis Psalterium quoddam, non carmine sed metro, pro more istorum temporum, constans CL metris, in laudem beatissimae Virginis Deiparae. Ms. Buciliaci... opusculum modicum ».. Aur.
- Magni Aurelii Cassiodori senatoris, Liber de anima et spiritu.
- Gilberti abbatis Westmonasteriensis, Liber contra Judœos. Il est ainsi intitulé : Disputatio judœi cujusdam et christiani ad invicem de fide catholica sacro Scripturarum testimonio conferentium. C’est un dialogue continuel. Dans le premier chapittre, il fait parler le juif, dans le 2d le chrétien, etc.
- Hugonis Victorini liber de spiritu et anima.
- Memoriale metricum Veteris et Novi Testamenti. La fin y manque. Je ne say qui en est l’autheur.
Ces cinq livres sont contenu (sic) dans un in quarto.[+]Conservation :
Attestation : I bis/3-7, II/8 + 3 + 6 + 4 + 5
- item 4. [4] Beati Isidori, De rebus theologicis, un tome in folio. On trouve au commancement du livre un traité que je ne crois pas estre de saint Isidore, mais on n’y trouve point de commancement. Plusieurs feuillets du milieu sont aussi enlevés. La fin est un traitté de l’Incarnation qui n’est pas non plus de saint Isidore, mais selon toutes les apparences d’un moine nommé Herman commentaireLe titre de De rebus theologicis ne semble correspondre à aucune des œuvres attestées d’Isidore de Séville. Peut-être s’agissait-il d’un exemplaire sans titre, dont le sujet a été ainsi désigné ? « Hermannus sancti Vincentii Laudunensis monachus, factus postea abbas Sancti Martini Tornacensis... scripsit insignem tractatum de Incarnatione Domini ad Stephanum Viennensem archiepiscopum, quem ms. in cœnobio nostro habeo relatum e peregrinatione Belgica, cujus copiam ad praelum transmisimus amico nostro Joanni Mabillon » (Oudin, 1686, p. 385). L’édition à laquelle fait allusion Oudin est intitulée Veterum aliquot Galliae et Belgii scriptorum opuscula sacra numquam edita, Lugduni Batavorum 1692. Le texte en est reproduit par la PL 180, col. 9-38, le manuscrit de base — celui qui est décrit ici, et était originaire de Vicoigne — étant apparemment daté de 1149 (col. 38) : « Hic liber sanctae Mariae de Casa Dei scriptus anno Incarnati verbi millesimo centesimo quadragesimo nono ». La différence des dates s’explique vraisemblablement par une mauvaise lecture. Aucun témoin de cet ouvrage n’est apparemment conservé. Le titre d'epistola consolatoria... ne figure sous cette forme dans aucun manuscrit conservé.. Une espèce d’épitre dédicatoire qui est à la teste de l’ouvrage semble le prouver, car elle commance par ces parolles : Reverendo patri et domino suo Stephano Dei gratia Viennensi archiepiscopo frater Hermannus omnium monachorum minimus. À la fin de ce traité, est une lettre ainsi intitulée : Incipit epistola cujusdam consolatoria ad amicum suum de sua imperfectione quœritantem. À la fin du traité de l’incarnation, on trouve l’année qu’il a esté écrit, par ces parolles : Liber sanctœ Mariœ de Caza Dei scriptus anno incarnati Verbi 1141. [+]
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Attestation : I bis/8, II/2
- item 5. [5] un autre petit manuscript a la fin duquel on trouve escrit ces mots : Explicit liber de amore et dilectione Dei et Christi et aliarum rerum, et de formula vitœ quem Alberannus causidicus Brixiensis de Ore Sanctœ Agathœ compilauit et scripsit cum esset in carcere domini Frederici imperatoris in civitate Cremonœ, in quo positus fuit cum esset capitaneus Gauardi deffendens locum ipsum ad utilitatem communitatis Brixiœ, anno Domini 1238 de mense augusti in die sancti Alexandri quo obsidebatur civitas Brixiœ per eundem imperatorem, indictione 11a. Scriptum autem et perfectum fuit hoc opus anno Domini 1303 in crastino beati Petri ad vincula. Deo gratias commentaireAlbertanus Brixiensis causidicus, auteur de : Tractatus de dilectione Dei et proximi (1238), Librum de consolatione et consilio (1246), Librum de doctrina loquendi et tacendi (1245). « Haec omnia vidi MSS... in bibliotheca Buciliensi... cui hunc codicem ad me spectantem reliqui » (Oudin, t. 3, 1723, coi. 190). Ici, seul le dernier texte est indiqué. L’explicit, relatif à la composition de l’ouvrage, se retrouve avec la même formulation dans plusieurs exemplaires ; en revanche, la date de la copie (2 août 1303), qui devrait permettre d’identifier sans doute possible le manuscrit de Bucilly, n’a pas été relevée dans les volumes déjà parus des Mss datés. Le titre habituel de ce traité est De dilectione Dei et proximi et aliarum rerum. Et de formula vitae Christi s’explique vraisemblablement par une mauvaise lecture : proximi écrit avec pro abrégé a pu être interprété comme Christi. L’expression Formula vitae, qui correspondait éventuellement à un titre ou à commentaire ajouté en interligne, se trouve dans le titre Formula honestae vitae attribué à Martin de Braga, Bernard de Clairvaux et Bernard Silvestre. En marge de cet article, a été portée la note suivante : « Frédéric 2 déposé au concile de Lion pour avoir envahi les terres ecclésiastiques ».. [+]
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Attestation : I bis/9, II/7
- item 6. [6-7] il y a de plus deux tomes in parvo folio de 800 pages chacun... intitulé Collectiones locorum communium ordine alphabetico digestorum quas excepit anno 1658 frater Augustinus Le Bel pastor de Harcigny in gratiam concionatorum, et inscripsit Thesaurum vitae voce ampullata... commentaire Suit un extrait de cet ouvrage, concernant le mot afflictio. Ce texte, qui occupe 32 pages, a été jugé trop long pour être reproduit ici.. Je crois que pour peu qu’on le chatiroit il mériteroit bien l’impression. [+]
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Attestation : I bis/10-11, II/0
Commentaires :
1. La présence de cet ouvrage à Bucilly est attestée par C. Oudin, t. 3, 1723, col. 612 : « Thomas Palmeranus natione hibernicus, Manipulus florum, cum prologo parvo qui incipit Abiit in agrum etc. deestque in impressis. Habetur MS... apud Praemonstratenses Bucilienses in episcopatu Laudunensi ».
2. Probablement avec la division en livres et en chapitres, antérieure à la division en distinctions, chapitres et articles, qui remonterait à Alexandre de Halès (1223-1227), ceci d’après I. Brady, « Pierre Lombard », DS, t. 12/2, col. 1604-1612, à la col. 1607.
3. Le traité attribué à Hincmar a été édité sous le titre de De fonte animae par C. Oudin, Veterum aliquot Galliae et Belgii scriptorum opuscula sacra numquam edita, Lugduni Batavorum, 1692. D’après II/8, il s’agit vraisemblablement du Liber de multiplici et diversa animae ratione, éd. PL 125, col. 929-952, reproduction de l’édition de Sirmond fondée sur un manuscrit de Saint-Remi de Reims. Le titre de De fonte animae ne semble pas attesté. L’ouvrage, apparemment dédié à Charles le Chauve, semble peu répandu et n’est pas répertorié par Flodoard parmi les œuvres d’Hincmar. Jean Dévissé, Hincmar, archevêque de Reims, 845-882, Genève, 1976 (Travaux d’histoire éthico-politique, 29), au t. 1, p. 20-21, considère le « traité de la nature de l’âme » comme un texte pseudépigraphe. Le mot Aur qui termine ce titre correspond très certainement au nom de l’auteur qui figure sur la ligne suivante : Aurelii, mot aujourd’hui précédé de Magni, ajouté en marge. Annales : Hincmari Remensis Archiepiscopi de Fonte anima (sic). Cassiodorus, Liber de anima (CPL 897). Et spiritu se justifie vraisemblablement par un rapprochement avec le titre de l’un des traités suivants, Hugonis Victorini liber de spiritu et anima. Gilbert Crispin † 1117, Disputatio judaei cum christiano. Le Liber de spiritu et anima a été attribué à Hugues de Saint-Victor, mais aussi à Augustin (CPPM/II A, 153 et 154). Il est d’ailleurs édité parmi les œuvres de ces deux auteurs dans PL 40, col. 779-832, et PL 177, col. 165-166. Il n’est pas répertorié par Goy. Les noms d’Alcher de Clairvaux et de Pierre Comestor ont également été avancés. Memoriale metricum Veteris et novi Testamenti : ce titre ne semble attesté pour aucun ouvrage connu. C. Oudin, t. 2, 1723, col. 1622-3, indique cependant à Bucilly un opuscule dû à Leonius : « habeo ejusdem Leonii seu Leonis Psalterium quoddam, non carmine sed metro, pro more istorum temporum, constans CL metris, in laudem beatissimae Virginis Deiparae. Ms. Buciliaci... opusculum modicum ».
4. Le titre de De rebus theologicis ne semble correspondre à aucune des œuvres attestées d’Isidore de Séville. Peut-être s’agissait-il d’un exemplaire sans titre, dont le sujet a été ainsi désigné ? « Hermannus sancti Vincentii Laudunensis monachus, factus postea abbas Sancti Martini Tornacensis... scripsit insignem tractatum de Incarnatione Domini ad Stephanum Viennensem archiepiscopum, quem ms. in cœnobio nostro habeo relatum e peregrinatione Belgica, cujus copiam ad praelum transmisimus amico nostro Joanni Mabillon » (Oudin, 1686, p. 385). L’édition à laquelle fait allusion Oudin est intitulée Veterum aliquot Galliae et Belgii scriptorum opuscula sacra numquam edita, Lugduni Batavorum 1692. Le texte en est reproduit par la PL 180, col. 9-38, le manuscrit de base — celui qui est décrit ici, et était originaire de Vicoigne — étant apparemment daté de 1149 (col. 38) : « Hic liber sanctae Mariae de Casa Dei scriptus anno Incarnati verbi millesimo centesimo quadragesimo nono ». La différence des dates s’explique vraisemblablement par une mauvaise lecture. Aucun témoin de cet ouvrage n’est apparemment conservé. Le titre d'epistola consolatoria... ne figure sous cette forme dans aucun manuscrit conservé.
5. Albertanus Brixiensis causidicus, auteur de : Tractatus de dilectione Dei et proximi (1238), Librum de consolatione et consilio (1246), Librum de doctrina loquendi et tacendi (1245). « Haec omnia vidi MSS... in bibliotheca Buciliensi... cui hunc codicem ad me spectantem reliqui » (Oudin, t. 3, 1723, coi. 190). Ici, seul le dernier texte est indiqué. L’explicit, relatif à la composition de l’ouvrage, se retrouve avec la même formulation dans plusieurs exemplaires ; en revanche, la date de la copie (2 août 1303), qui devrait permettre d’identifier sans doute possible le manuscrit de Bucilly, n’a pas été relevée dans les volumes déjà parus des Mss datés. Le titre habituel de ce traité est De dilectione Dei et proximi et aliarum rerum. Et de formula vitae Christi s’explique vraisemblablement par une mauvaise lecture : proximi écrit avec pro abrégé a pu être interprété comme Christi. L’expression Formula vitae, qui correspondait éventuellement à un titre ou à commentaire ajouté en interligne, se trouve dans le titre Formula honestae vitae attribué à Martin de Braga, Bernard de Clairvaux et Bernard Silvestre. En marge de cet article, a été portée la note suivante : « Frédéric 2 déposé au concile de Lion pour avoir envahi les terres ecclésiastiques ».
6. Suit un extrait de cet ouvrage, concernant le mot afflictio. Ce texte, qui occupe 32 pages, a été jugé trop long pour être reproduit ici.